« Si je saute un repas, je vais prendre du poids ! »

C’est l’une des idées reçues les plus légendaires au monde, ou encore une règle que beaucoup s’impose, pensant qu’elle les aidera à gérer leur poids ou à cadrer leur alimentation dans le bon sens.

Plus encore, ne pas appliquer cette règle ferait prendre du poids et serait mauvais pour la santé.

S’imposer un cadre rigide et une régularité sur un corps en bonne santé pourrait paraître logique et fonctionnel.

Et pourtant, aussi passionnant que puisse être le fonctionnement du corps, ce type de règle, qui plus est, souvent appliquée de manière rigide, peut causer certain dégât, voir même aboutir à l’effet inverse que celui recherché, c’est-à-dire prendre soin de nous et nous faire prendre du poids.

Je vous propose dans cet lecture d’aller creuser un peu plus profondément sur cette idée reçue qui est pour beaucoup une conviction ou une croyance profonde.

1/ Les Règles alimentaires

S’imposer des règles dans la vie est nécessaire. Cela permet de poser des limites, d’organiser ses domaines, de contrôler les choses et parfois, de clarifier des points.

Dans le domaine alimentaire, les règles sont tout aussi nécessaires, cependant, celles-ci doivent se faire en liberté et surtout doivent être fonctionnelles et en accord avec nos besoins de bien-être.

Depuis toujours, nombreuses sont les personnes qui tentent de contrôler leur alimentation en s’imposant des règles souvent fondées sur des idées reçues.  Des règles en tout genre, supposées par la société ou encore par l’ami du coin pour qui cette règle marche plutôt bien.

Néanmoins, appliquer des règles sans réflexion ou sans recul mène souvent à des conséquences néfastes à notre bien-être. Ce qui fonctionne pour une personne, ne fonctionne pas nécessairement pour moi et vice versa.

S’automatiser de la sorte, nous prive de notre liberté et de nos besoins. Nous appliquons des règles sans conscience mais juste parce que quelqu’un nous a affirmé qu’elle était nécessaire à notre bien-être.

La règle de ne pas sauter de repas existe depuis longtemps et se transmet de génération en génération. Combien de fois on a pu entendre ou entendre encore : « Fais attention, ce n’est pas bien de sauter un repas, ça fait grossir… »

Et pourquoi sauter un repas serait mal ? En quoi cette application de devoir manger à tous les repas qu’on s’impose serait nécessaire à la gestion du poids en bonne santé ?

2/ Notre corps

Notre corps passe son temps à nous envoyer des signaux de besoin, parmi lesquels nous retrouvons nos ressentis alimentaires, la faim et le rassasiement.

La faim signale un besoin physiologique de manger alors que le rassasiement nous indique que la quantité que nous venons d’ingérer nous suffit.

Autrement dit, lorsque nous somme en santé et que nous avons des rythmes journaliers « normaux », les moments où nous ne ressentons pas faim sont des temps où nous sommes rassasiés. Ces moments pourraient ainsi correspondre à des temps de digestion, c’est-à-dire des temps où nous n’avons pas besoin de manger physiologiquement.

Forcer notre corps à manger sur des temps de rassasiement correspondrait à apporter de l’excès alimentaire à notre corps et cela peu importe l’aliment ingéré.

Voyez-vous dès lors, où la règle de ne pas sauter de repas, pourrait poser problème ? Cependant, nous restons libres d’autorégulation corporelle et intuitive.

3/ Autorégulation

Notre corps nous donne la possibilité de réguler nos excès et nos déficits alimentaires de manière naturelle. En effet, lorsque nous avons trop mangé à un repas, nous allons éprouver moins de faim aux repas qui vont suivre et de ce fait moins manger, ou ne pas manger du tout.

De même, lorsque nous n’avons pas suffisamment mangé, nous allons avoir plus faim et donc plus manger.

L’alimentation se régulant, le poids de forme se stabilise naturellement. Seulement, cela est possible lorsque nous ralentissions sur notre écoute et prenons en considérations nos besoins et signaux.

Or, lorsque nous imposons des règles que seule notre tête dirige, sans prendre en conscience ce que notre corps demande, ces règles deviennent alors problématiques.

Puisque si nous n’avons pas faim à un repas et que nous mangeons parce que nous avons l’idée de ne pas sauter de repas, nous ne nous donnons pas la possibilité de réguler nos excès et accumulons ainsi des excès ce qui aboutit à du mal être digestif ou général à court terme et de la prise de poids, à plus ou moyen terme.

4/ Des rythmes de vie propres à chacun

La densité de nos vies dépend de chaque individu et cela lui reste bien spécifique. Nous avons tous des métabolismes différents, des besoins différents et nous éprouvons chacun à notre manière l’intensité de nos propres émotions.

Nous allons ainsi éprouver la faim à des moments différents et avec des jauges différentes.

S’imposer de manger à des repas de manière rigide et cela sans jamais de régulation, dérègle peu à peu notre connexion à notre corps et nous fait quitter la gestion optimale.

Nous pouvons de ce fait, ne plus jamais ressentir la faim par exemple et impacter notre plaisir alimentaire, ou nous voir prendre du poids progressivement en se demandant pourquoi.

Il est ainsi important et nécessaire de se concentrer sur ce qui est bon pour nous avant de nous caler sur une règle qu’on s’impose sans conscience.

5/ Flexibilité

Vous l’aurez peut être compris, la problématique ici n’est pas la règle mais sans doute la rigidité de son application et le manque d’écoute de nous-même.

Nous restons bien évidemment libres d’utiliser ou non une règle, en fonction de la situation qui s’offre à nous, en fonction de l’instant présent. De même, une même règle peut être utile dans un contexte et inutile dans un autre.

Rester flexible sur la situation, penser et vivre son alimentation comme un moment privilégié est essentiel et permet d’avoir plus de perspective et d’objectivité sur nos choix.

Les limites d’une règle s’arrêtent lorsque celle si va à l’encontre de notre métabolisme, et que des conséquences néfastes se font connaître.  A nous de délimiter nos propres règles bienveillantes et fonctionnelles en fonction de chaque contextes, tout en prenant du recul.

6/ Attention !

J’attire votre attention sur le fait que cette réflexion s’impose à des personnes en bonne santé, ne souffrant pas de TCA et ne travaillant pas en horaire de nuit.

Lorsque le corps ne répond plus ou est déréglé, effectivement, s’imposer des règles rigides de ce type va être nécessaire pour le régler à nouveau.

Encore une fois, nous sommes sur du cas par cas.

 

Cet article en vidéo sur le lien : https://youtu.be/DA9KH78654k