Aujourd’hui j’aimerais vous parler de quelque chose qui est assez fréquent lorsque nous avons une relation à l’alimentation conflictuelle. J’aimerais vous parler des pulsions alimentaires ou parfois appelée compulsions alimentaires.

Toujours mal vécu ou mal compris, ce comportement alimentaire crée des désastres cognitifs et/ou physiques, qui nous plonge dans un cercle vicieux infernal où les conséquences sont souvent néfastes.

Nous avons le sentiment d’être dans une sorte d’échec permanent et que cela est sans issue. Cela abime notre confiance en nous, notre estime de nous, notre relation à nous de manière générale.

La compréhension de ce comportement alimentaire permet souvent de limiter, voire, supprimer la récidive ou tout simplement de mieux le vivre en posant de la légitimité dessus.

Je vous propose dans cet article, d’essayer de mieux en comprendre le fonctionnement, les causes et les aboutissants pour vous aider à en sortir lorsque vous être pris dans le piège.

1/ Qu’est ce qu’une pulsion alimentaire ?

Souvent confondue avec de la boulimie, de par la similitude d’action, la compulsion alimentaire pourrait se traduire à travers une perte du contrôle alimentaire menant à l’ingestion d’un nombre d’aliments conséquents.

Ce qui la différencie de la boulimie en est son apport énergétique qui en est beaucoup moindre.

En effet, dans la compulsion alimentaire l’apport calorique ingéré reste limité et les aliments sont souvent cohérents avec une alimentation sereine.

Dans la boulimie, l’ingestion dépasse souvent les 3000 calories et les aliments ingérés n’ont pas vraiment de sens.

Par exemple, lors d’une crise boulimique, la personne peut se voir manger, à l’état brut, des légumes surgelés, ce qui n’est pas le cas dans la compulsion.

Dans les pulsions ou compulsions, le choix des aliments est plus rationnel.

2/ Les différents déclencheurs

Il me semble important de comprendre que plusieurs déclencheurs sont possible car souvent les personnes ont tendance à attribuer les pulsions à une mauvaise gestion des émotions, ce qui n’est pas forcément le cas.

Les déclencheurs, ce que nous appelons également les antécédents sont ceux qui vont générer la compulsion.

Ils vont dépendre de plusieurs facteurs spécifiques:

  • Le facteur physiologique

Il qui correspond aux besoins naturels du métabolisme.

On pourrait nommer, à titre d’exemples, une situation d’hypoglycémie, un manque en sucre, une dette en sommeil ou tout simplement une faim naissance en vue du dernier repas qui se fait loin.

Dans tous les cas, les besoins physiologiques se manifestent d’une façon corporelle ou émotionnelle et, dans un cadre rigide ou mal perçu, peuvent mener à compulser pour assouvir les besoins vitaux.

Le corps cherche alors par la pulsion à maintenir ses constantes vitales et équilibrer ses manques.

Il peut s’agir également d’un facteur neurobiologique comme un déficit en sérotonine. Cette hormone impliquée dans la régulation du sommeil et de l’humeur d’une manière générale.

Ainsi, dans un but de régulation hormonal, le corps va faire sentir un besoin en sucre afin de pouvoir rééquilibrer les manques. Le sucre étant le précurseur de la sérotonine.

  • Le facteur émotionnel

De plus ou moins grande intensité et lorsque nous avons du mal à accueillir et à gérer nos émotions, nous pouvons se voir en train d’essayer de les contrôler avec l’alimentation. L’acte alimentaire apportant de la sérotonine, nous avons le sentiment que manger marche à faire disparaitre l’émotion.

  • Le facteur cognitif

Il reste celui le plus présent dans une situation de difficulté d’image corporelle car celui-ci nous ramène à des pensées ou des règles rigides envers l’alimentation. Celles-ci peuvent aller de la restriction à la simple frustration.

Résumant ainsi l’acte alimentaire à une action déconnectée des besoins réels, un peu automatisée, pourvue de jugements. Notre tête prend le dessus sur notre corps et notre cœur en occultant ce qu’ils en pensent.

Nous assistons dès lors à une réflexion binaire du « tout ou rien » et tombons souvent dans le « foutu pour foutu ».

  • Le facteur contextuel

Les habitudes faites de manières inconscientes dans un contexte donné. Par exemple, le fait d’associer le cinéma aux pop-corn de façon automatique ou robotisée. Nous ingérons une quantité de pop-corn indépendamment de tout besoins ou plaisir alimentaires. Ou si à chaque fois que nous passons dans devant la boulangerie du coin, nous donne le besoin de rentrer acheter une viennoiserie.

3/ Éclairage sur le comportement

Le comportement compulsif peut être vécu de manière différente en fonction de chacun, il me semble important de poser un regard éclairé sur celui-ci.

Dans un premier temps, il est intéressant d’évaluer à approximativement le nombre de calories ingérées pendant cette pulsion. Outre le fait que cela permettrait de différencier l’acte présent de la boulimie, il pourrait également permettre dans certain cas, de relativiser.

En effet, la difficulté du comportement fait que nous avons tendance à surestimer les ingestas et ainsi avoir l’impression d’avoir trop ingérer alors que la réalité est différente.

Dans un second temps, il reste pertinent d’observer, à posteriori, si la compulsion nous semblait être subie ou si nous avions le sentiment qu’elle était choisie.

Autrement dit, est ce que c’était plus fort que nous ou si nous étions plutôt dans une action dont on est consciente.

Nous pourrions dans ce cas évaluer notre niveau de présence dans l’action car il se peut que beaucoup d’automatismes, presque inconscients, se fassent voir à travers notre comportement.

Cela permettrait donc d’apporter de la conscience dans ce moment.

4/ Les conséquences

Des conséquences directes, favorables ou néfastes, peuvent découler sur des conséquences indirectes.

Elles sont variables et dépendent beaucoup du déclencheur.

Parmi les conséquences directes c’est-à-dire immédiates, nous pouvons mener à ressentir des émotions, comme de la culpabilité ou de la honte, des angoisses ou du stress.

De ces émotions difficiles à ressentir résultent souvent des jugements envers soi, des pensées sur ce nous venons de vivre, souvent en lien avec la situation et l’aspect pondéral.

Alors, la compréhension de ces émotions nous permet de pouvoir agir et rectifier nos actions. D’ailleurs à ce propos, une vidéo est disponible pour essayer de changer de perspective sur ces émotions.

Dans le cas où nous n’apprenons pas à les accueillir, elles nous engrainent à nouveau vers un comportement problématique en se constituant d’éléments déclencheurs. Nous rentrons ainsi dans ce qu’on appelle une boucle bouclée, un cercle vicieux.

Les conséquences peuvent également être physiologiques et favorables parfois par le simple rééquilibre des besoins déficitaires.

Nous sentons ainsi un sentiment de mieux-être réel qui perdure physiologiquement et indépendamment des jugements ou pensées. Par exemple, si nous répondons à une hypoglycémie en ingérant une grande quantité de sucre, le bien être va se faire sentir, même si quelques réflexions et pensées peuvent apparaitre en parallèle.

La question qu’on pourrait se poser alors serait sur combien de temps dure ce bien être ? Si celui-ci perdure dans le temps, alors nous serions sur le bon chemin.

Parmi les conséquences indirectes, c’est-à-dire, secondaires, nous pouvons voir impacter notre sentiment d’efficacité personnelle, notre confiance en nous et l’estime de nous.

Il est également possible que de la prise de poids s’observe, accompagnée d’un isolement social, une perte de féminité pour une femme, ou du prendre soin de nous global. Un sentiment de mal être omniprésent effondrant notre bienveillance corporelle.

Dans tous les cas, l’important reste de savoir si ces conséquences sont en accords avec nos valeurs et avec la vie dont on souhaite se diriger.

Peut-être pourriez-vous prendre un instant, à un moment plus calme, pour réfléchir à cela ?

Est-ce en accord avec la personne que j’aspire à être ? Suis-je sur le chemin que je souhaite, vers mon idéal de vie ?

5/ La régulation du corps

D’une manière général, le corps est un système qui s’autorégule naturellement. Cependant, lorsque certains facteurs se déséquilibrent, la régulation se fait mal et des signaux corporels se font savoir pour pouvoir assurer la jauge, comme des pulsions alimentaires ou encore de la prise de poids.

Afin d’être en parfaite harmonie, le corps a besoin d’une harmonie entre les différentes sphères de vie.

  • Une nutrition adaptée apportant tous les besoins nutritionnels, sans restrictions ou interdits mental.
  • Il a besoin d’un sommeil de qualité d’un nombre d’heure suffisant et spécifique à chacun, respectant des cycles circadiens optimaux, sans coupure et perturbations.
  • Une gestion bienveillante et accueillante des émotions, permet des comportements pragmatiques et une relation à soi compatissante.
  • Le moins d’ingestion chimique en optant sur les apports naturels et le moins transformés possibles.
  • Une vie sociale et relationnelle épanouie incluant des contacts fréquents et réguliers apportant convivialité et bien-être.
  • On y pense rarement et le lien n’est pas forcement évident, mais le calme reste nécessaire à la régulation du métabolisme. Aussi, si vous vivez au voisinage d’un chantier très bruyant, vous ressentirez les déficiences du corps qui peuvent se manifester sur le poids.

Tous ces facteurs participent à une gestion optimale et naturelle du métabolisme humain.

6/ Conclusion

Les compulsions alimentaires augmentent parallèlement que les conflits avec la relation à l’alimentation se font savoir.

Aborder l’alimentation dans une optique apaisée et plaisir et non dans un objectif de contrôle de l’image, mènera à une relation sereine avec l’alimentation et diminuera voire, supprimera les compulsions.

L’acte alimentaire étant vital, son unique but devrait rester sur l’action du « prendre soin de nous ». S’apporter du soin à travers ce que nous mangeons et comment nous le mangeons.

Aussi, se faire happés par des rythmes de vie trop agités ou notre bien-être reste secondaire et où nous nous déconnectons de nos signaux corporels de base accentue l’engrenage.

Poser un instant de réflexion sur cette difficulté comportementale que représentent les compulsions alimentaire semble nécessaire.

Se donner les moyens d’avoir une vie en accord avec les dimensions importantes de notre vie, en posant des limites bienveillantes et fonctionnelles, dans l’idée de prendre soin de vous de manière quotidienne et dans tous les contextes de vie reste essentiel.