Pourquoi compter les calories n’est pas fiable ?

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de calories et plus particulièrement de comptage de calories.

Car cette méthode est souvent appliquée ou expérimentée par mes patients dans un but de perdre du poids.

Effectivement, vous êtes beaucoup dans ce monde à rechercher une solution efficace et viable à long terme pour maigrir.

Vouloir perdre du poids pour se sentir mieux dans son corps est légitime et compréhensible. Encore faut-il s’y prendre avec fonctionnalité et pragmatisme. Encore faut-il que cela soit fiable.

Seulement, outre le fait, que compter ses calories demande de la rigueur et du temps, ce comptage n’est pas vraiment fiable et encore moins viable et long terme.

Je vous propose dans cet article d’approfondir pourquoi.

1/ Les calories

Dans un premier temps, nous pouvons simplement déjà définir ce que représente une calorie.

On pourrait dire qu’une calorie constitue l’énergie apportée à l’organisme lorsque nous ingérons un aliment.

Et ces aliments vont se décomposer en 3 grands macronutriments qui sont les protéines, les lipides et les glucides.

Il va de sens qu’en fonction de la composition en ces trois macronutriments, de chaque aliment, son apport calorique sera différent d’un autre car ils ne s’utilisent pas de la même manière dans notre corps et ont des rôles bien définis.

Si nous focalisons uniquement sur le nombre de calories qu’un aliment ou qu’un repas apporte sans tenir compte de la réparation de ces calories, nous sommes déjà dans le faux.

Puisque vous vous doutez bien que 300 calories de poulet ne vont pas apporter les mêmes nutriments et les mêmes bienfaits que 300 calories de bonbons.

Dans les faits, nous avons des deux côtés 300 calories mais qui ne vont pas être utilisées de la même manière par notre corps.

Les calories seules ne servent donc pas vraiment à bien s’alimenter, ni même à apporter les besoins nécessaires au corps, qui eux, se différent dans le temps.

2/ Une répartition calorique optimale

Chaque personne connait un besoin en répartition calorique en fonction de son âge, de ses caractéristiques personnelles et de ses besoins  physiques et émotionnels du jour et/ou du moment.

L’apport calorique doit alors être en équilibre de façon optimale.

C’est-à-dire, que pour assurer le fonctionnement de notre corps du mieux possible, il est important que les calories des macronutriments se répartissent en fonction du besoin.

Si cet équilibre n’est pas présent, des difficultés santé peuvent apparaître comme des carences alimentaires, de la fatigue,  des troubles digestifs ou des troubles du sommeil etc….

Et tous ces manquent impacteraient l’ensemble de l’organisme. Il est donc important de dissocier calorie et santé.

Pour aller plus loin, cet équilibre se fait dans le temps… ce que nous pourrions dire sur une journée ou sur une semaine, bien que le corps, lui, n’ait pas de mesure de temps.

Nous pouvons ainsi, rééquilibrer nos manques et nos excès de jour en jour, sans vraiment avoir le besoin de compter nos calories ou de rentrer dans un stress cognitif.

3/ La perte de poids

Dans ce second temps, nous pouvons parler de perte de poids.

La perte de poids, en théorie, sans tenir compte des autres facteurs qu’alimentaires, est traduite en une différence entre dépenses énergétiques et ingestions alimentaires.

Sur la logique mathématique,  il faudrait que l’apport alimentaire ingéré soit inférieur à nos défenses énergétiques. Autrement dit, nous devons manger moins que ce que nous nous dépensons.

Seulement ce que nous oublions c’est que le poids d’une manière générale se maintient dans le temps.

C’est-à-dire, que le corps à sa propre capacité d’autorégulation qui se fait dans le temps et de jour en jour.

Mais dans l’idée de rechercher un poids de forme, il faudrait que ces apports soient équilibrés à nos dépenses. C’est-à-dire que l’idéal serait de manger, le plus souvent possible, à justes besoins sans déficit et sans excès. Ce qui est très peu faisable car très difficile dans la vraie vie.

Nous pouvons contrôler et veiller à avoir un apport alimentaire quotidien identique.  Mais nous ne pouvons pas maitriser les paramètres qui ne dépendent pas de nous comme nos imprévus émotionnels ou nos dépenses énergétiques.

L’apport calorique est donc un des facteurs possibles à considérer mais son comptage et/ou son calcul ne peut être fiable et viable à long terme en raison de la variation de ces paramètres

4/ Des besoins différents

Bien que le fonctionnement du corps humain peut s’apparenter à celui d’une machine, jusqu’à preuve du contraire, nous restons bien des humains avec toutes nos caractéristiques spécifiques à chacun.

Nous vivons des journées et des temps différents, avec des activités physiques et/ou intellectuelles différentes et des émotions différentes.

Et tout cela demande de l’énergie qui ne peut pas être anticipée.

Nous ne pouvons pas, par exemple, savoir que dans 3 jours à 15H nous allons être énervé et que cet énervement va nous prendre tant de calorie.

En tant qu’être humain à part entière, nous ne sommes pas paramétrés pour avoir exactement chaque jour le même besoin en quantité et donc en calories.

Et cela même si nous veillons à ce que celles-ci soient bien réparties entre-elles.

Lors d’une journée bien chargée intellectuellement ou physiquement, nos besoins seront majorés et nous allons très probablement, avoir plus faim que lors d’une journée moins dense.

L’apport calorique total doit ainsi être en accord avec nos besoins spécifiques quotidiens et du moment précis que nous vivons.

Se fier à un calcul de calories fixe, ne peut pas tenir compte de tous ces paramètres qui sont eux variables.

Sauf bien évidement si nous trouvons le moyen, demain, de nous octroyer des pouvoirs magiques qui nous permettraient de prédire l’avenir J Le cas échéant, ce n’est pas possible.

5/ Aspect cognitif

Le point, sans doute le plus important dans cette méthode  et celui qui explique que cela ne soit pas viable à long terme, reste bien l’aspect psychologique que compter ses calories impacte sur nos vies.

Rationnaliser l’acte alimentaire par la pensée ou prédire en avance nos repas nous déconnecte de nos signaux corporels. Aussi bien que, l’obsession qui peut en découle sur l’alimentation est presque inévitable.

Penser à ne pas dépasser les calories calculées ou à les atteindre, sans vraiment tenir compte du plaisir alimentaire ou de si mon corps est en accord avec les quantités servies, rend l’acte alimentaire robotique ou mécanique.

Lorsque nous pensons aux calories ingérées, nous nous déconnectons ainsi de l’instant présent. Et lorsque nous sommes déconnectés du « ici et maintenant », nous ne sommes plus en mesure d’observer et de faire le meilleur choix possible à l’instant T.

La frustration et la perte de liberté que cela génère nous perdent de tout autonomie alimentaire pour un résultat éventuel et éphémère sur le poids.

L’effet peut même être contre-productif puisque cela peut mener à de la prise de poids en engendrant des compulsions alimentaires par restriction d’apport. Ces restrictions aboutissant à des ingestions en trop grosses quantités et donc à de la prise de poids.

D’un point de vue physiologique, il est impossible de corréler, sur le long terme, une relation à l’alimentation sereine avec un un poids atteint avec une restriction calorique.

6/ Conclusion

Vous l’aurez compris, pour perdre du poids, il n’existe toujours pas de miracle ou de méthode révolutionnaire. J’adorerais mais non.

Depuis des décennies, les difficultés d’image corporelle ne cessent d’évoluer et de plus en plus de personnes continuent de chercher, en vain, une solution.

Il est certain qu’il n’est pas facile de changer de perspective de vue lorsque nous souffrons de quelque chose ou lorsque nous ne nous sentons pas à l’aise dans notre corps.

Cependant, focaliser sur un problème ne nous permet pas d’observer les différents chemins d’actions possibles qui peuvent s’ouvrir à nous.

Aussi, à force de chercher une solution, nous avançons dans un monde où nous n’existons plus vraiment et où nous oublions de vivre.

Et si chercher une solution ne serait justement pas la solution ?

Peut-être que voire les choses sous un axe bienveillant en cherchant juste un mieux-être marcherait mieux et nous permettrait d’apaiser un peu la souffrance ?

Se dire que nous avons le choix de prendre soin de nous plutôt que de s’obliger à perdre du poids ?

Et si l’idée de s’écouter davantage et de continuer de vivre prendrait davantage de sens ? De prendre un chemin en accord avec ce qui est important pour nous.

Nous restons seuls maitres de la vie vers laquelle nous souhaitons avancer et nous seuls, avons le pouvoir de mettre en place les actions pour prendre soin de nous.