Pourquoi faut-il écouter son corps et ses émotions ?

A l’heure ou nos rythmes de vie deviennent de plus en plus soutenus et où les moments que nous nous accordons sont davantage réduits, nous avons tendance à nous « «robotiser ».

Nous ritualisons nos habitudes de telle sorte que nous ne réfléchissons plus à l’action que nous sommes en train de faire. Nous nous déconnectons peu à peu de l’instant présent.

Chaque moments de notre vie est importants et inconsciemment nous ne sommes pas vraiment présents.

Pourtant, ralentir un peu, pour mieux écouter et observer nos ressentis, pourrait considérablement changer notre quotidien et nos mieux être. Cela pourrait changer nos choix et notre vie.

1/ le corps et ses signaux

Aussi passionnant soit-il, le fonctionnement du corps agit avec minutie pour pouvoir assurer notre survie au quotidien. Tout est fait avec parfaite chronologie.

Que ce soit de la sécrétion de nutriments à la régulation des hormones, notre corps agit avec fonctionnalité.

Pour comprendre simplement, je le compare souvent  à une fleur.
Pour que la graine grandisse et devienne fleur, et soit à sa capacité optimale à briller, elle a des besoins spécifiques
comme celui de l’arroser régulièrement à des moments précis et avec la même régularité et patience.

De même lui apporter le bon environnement, bien lumineux, dans lequel elle pourra s’épanouir.
De ce fait, vous pouvez être le plus grand des jardiniers, si nous ne tenons pas compte et ne restons pas attentif à ces besoins précis, notre fleur n’évoluera jamais. Le corps fonctionne un peu de la même manière.

Il nous envoie, à longueur de temps, des signaux, des sortes d’alertes, d’intensités différentes, qui doivent nous faire réagir et agir pour optimiser notre bien-être.
Lorsque nous perdons notre attention et nous ne les entendons pas, le corps n’abandonne certainement pas et continue de nous alerter.

2/ Nos émotions

Au cœur des ressentis corporels nos émotions sont là pour nous aider.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, toutes nos émotions, même les plus douloureuses à ressentir, sont là pour nous faire réagir et nous faire évoluer vers la personne que nous souhaitons être.

Cependant, ces émotions sont parfois tellement difficiles à supporter que nous mettons en place des stratégies de contrôle ou d’évitement.
Manger ou boire par exemple, pour tenter de ne plus ressentir le sentiment désagréable qu’elles nous procure.
Seulement, pensez-vous que cela marche ? Que cela soit réellement fonctionnel ?
Avez-vous l’impression que l’émotion a réellement disparue ou qu’au contraire elle est accentuée ou qu’elle a fait place à d’autres émotions encore plus insupportables ?

Et bien, très souvent, la culpabilité fait son apparition. Ce ressenti si désagréable, qui à tendance à nous faire ruminer et nous mener dans un mal-être.

Pourtant cette culpabilité est précieuse car sans elle nous n’évoluons pas.
Si nous prêtons l’oreille, avec bienveillance et sans jugement ,nous pouvons entrevoir le message qu’elle nous envoie.
Une sorte de message qui veut nous porter vers un chemin différent et plus pragmatique que celui que nous avons choisi.
Si nous prenons l’exemple très concret de la culpabilité dans le monde alimentaire.
Elle peut apparaître lorsque nous mangeons un repas très riche où quand nous agissons en désaccord avec la façon dont on le souhaite.

Dans cet exemple, au niveau corps, les ressentis primaires d’avoir trop manger se manifestent en sentiment de lourdeur, de ballonnement, des envies de vomir ou d’autres, à des échelles d’intensités variables.
S’ensuit ainsi la culpabilité ou le regret d’avoir trop mangé et/ou choisi un repas trop riche par rapport à mes besoins.

Cette culpabilité est normale. Selon vous, quel est le message bienveillant ?
Beaucoup vont peut-être s’injurier ou se morfondre davantage en mangeant encore plus, en se disant que tout est fout.
Et plus nous agissons ainsi, plus la culpabilité est présente et douloureuse à ressentir.

Si nous objectivons les choses en sortant de la tyrannie, le message pourrait alors être simplement celui de choisir un repas plus léger au repas qui va suivre. Qu’en pensez-vous ?

Utiliser cette culpabilité et toutes nos émotions comme des ressources précieuses et non comme des ennemis dont il faut absolument se débarrasser. Cela change la donne et la perspective d’action.
Même si en pratique cela n’est pas si facile, avec de l’entraînement progressif mène à de la maîtrise optimale et une meilleure connaissance de soi. Cela nous aide à nous dépasser avec courage.

Les émotions se manifestent à plusieurs endroits dans notre corps, mais également dans notre cœur et sont souvent associées à des pensées ou des règles la plupart du temps problématiques.
Aussi, voir nos émotions comme des amies nous aide à changer de perspective face à elles et à opter pour un comportement différent, souvent plus en accord avec celui qu’il nous est meilleur de faire.

Cependant, il est important de savoir bien différencier chaque ressenti. De ne pas les confondre pour pouvoir agir de la façon la plus pragmatique possible.
Et c’est bien le recul sur expérience qui permettra de bien différencier chacun de ces signaux.

3/ Nos sensations alimentaires

Vous l’avez, sans doute, compris, les messages que nous envoie notre corps sont différents et bien spécifiques en fonction de l’alerte qu’il souhaite nous envoyer.
Les ressentis les plus primaires et les plus vitaux concernent ceux alimentaires.
Le premier signal est celui de la faim qui nous indique un manque, un besoin physiologique nécessaire au bon déroulement de notre métabolisme.
Cette faim est avant tout physique, pour ne pas la confondre avec la simple envie ou gourmandise.
Elle se manifestera, au niveau des organes digestifs (bouche, estomac, intestin, etc…) et pourrait s’épandre sur la totalité de notre corps en cas de non-écoute, comme par exemple des maux de tête ou encore des tremblements.

Plusieurs intensités de faim physiologique existent et chaque personne connait une gestion de faim optimale qui lui est propre. Pour la connaitre et mieux choisir, l’expérience est la meilleure des écoles.
Lorsque nous répondons à la faim, en fonction de notre cadence et de ce que nous mangeons, nous allons ressentir le rassasiement, indiquant alors que les quantités que nous venons d’ingérer sont suffisantes.
Ce rassasiement se manifeste par la disparition de la faim et/ou de plaisir, c’est-à-dire des ressentis de base.
Et en continuant de manger en étant rassasiés, nous allons au-dessus de nos besoins et les ressentis changent et deviennent désagréables et néfastes à notre bien-être. Nous sommes alors dans un inconfort.

Au-delà de nos ressentis alimentaires, d’autres signaux se manifestent sur l’ensemble de notre corps, comme des brûlures, des crampes, des points, des sensations d’oppressions ou encore de légèreté. Tous nous alertent sur des faits ou besoins précis, comme par exemple, un besoin de repos, un manque d’hydratation, des besoins d’affection ou encore un manque particulier.

Lorsque nous sommes dans une vie très cadencée, il devient difficile de prêter l’oreille car nous avons tendance à nous oublier et à faire passer d autres priorités avant nous-même.
Certain petit exercice quotidiens peuvent nous aider à mieux percevoir les sollicitations de notre corps.

4/ Des petits exercices au quotidien

Happés dans nos routines, notre vie devient réflexe et rituels.
Certaines petites actions peuvent néanmoins changer la donne lorsqu’elles sont réalisées de manière régulière et constante.

– La météo intérieure

Ce petit exercice que j utilise souvent est assez ludique et permet d’anticiper ses journées d un point de vue gestion d’énergie.
Au même titre que chaque matin nous pourrions regarder la météo du temps qu’il fera aujourd’hui, nous pourrions instaurer un autre rituel qui consisterait à imagée la météo intérieure, dans laquelle nous nous sentons au moment présent.
Si nous nous sentons plutôt grisaille, alors nous pourrions anticiper les choses en se disant que cela va être une journée où on va essayer de se préserver un maximum en ne limitant notre travail ou en prenant davantage de petites pauses (dans la limite du possible).
Si nous nous sentons plutôt ensoleillés, alors cela serait une journée où la forme serait au rdv et où nous pourrons nous surpasser, et faire des choses qui demandent plus de concentration par exemple
Je vous laisse vous interroger à quelle météo votre corps vous ramène à cet instant précis où vous lisez cet article.

– Le contexte du repas

La situation dans laquelle nous nous installons pour manger chaque jour, modifie considérablement notre acte alimentaire. Le contexte peut nous faire manger plus et plus vite que nécessaire.

Manger devant son ordinateur ou dans le métro, par exemple nous déconnecte complément de l’acte alimentaire.
Et il en devient difficile de percevoir les messages que notre corps peut nous transmettre. Nous ne percevons ni le bon moment ou il nous signale de nous arrêter de manger ni le moment où le plaisir alimentaire optimal est atteint.

S’assurer un contexte propice à un repas serein est essentiel pour mener à bien l écoute de soi.
Prendre le temps de manger et d’observer ce qui est important dans cet acte est indispensable au bien-être.

Le premier pas serait d’être dans une position confortable dans laquelle on se sent bien. Cela peut passer par le fait d’avoir une belle assiette appétissante, avec des couleurs et de belles odeurs.

Se mettre dans un contexte appétitif pour prendre soin de nous.
Chacun de nous connaît des préférences alimentaires spécifiques et nos appétences vont donc être différentes
d’une personne a l’autre.

Quels pourraient être les petits changements que vous pourriez mettre en place durant votre prochain repas ?

– Se connecter au moment présent

Nos pensées se dispersent et nous évadent à longueur de temps, et le cerveau humain est fait de telle sorte à réfléchir sans cesse. Être dans le « ici et maintenant » pour mieux apprécier chaque moment et pouvoir prendre le meilleur choix à l instant T.

Un petit outil assez simple serait de se connecter à un de nos membres qui touche l’instant présent.
Ainsi, nous pouvons nous connecter à nos pieds qui touchent le sol (ici et maintenant) et entrevoir la sensation qu’il en sort. Peut être sont ils douloureux ou lourds ? Peut-être sont-ils comprimés dans des chaussures trop petites ou au contraire plutôt aérés dans une paire de sandales?
Au même titre, nous pouvons connecter avec notre dos qui peut se trouver assis sur une chaise et détecter si la chaise est plutôt raide ou au contraire confortable ?
S’imposer des petits moments de connexion au quotidien permet de reconnecter avec des messages corporels.

– S’interroger sur ses ressentis alimentaires

Parfois le simple fait de porter une attention aux ressentis alimentaires suffit à pouvoir les entrevoir. Le cas échéant, cela nous donne une réelle indication sur notre comportement alimentaire.

Nous pourrions par exemple essayer d évaluer le pourcentage de remplissage de notre estomac. En partant d une échelle simple de 0% à 100% (100% étant la limite haute).
Et nous pourrions interroger cette échelle à différent temps du repas. Au début, au milieu et à la fin.
Restant attentif au remplissage qui va nous être le plus favorable en apportant de la curiosité au moment.

Dans un même principe, nous pouvons observer le plaisir ou au contraire le dégoût que chaque bouchée nous apporte en bouche. Détecter les saveurs qui peuvent, peut-être, nous renvoyer à certains souvenirs d’enfance. Se concentrer sur les odeurs et sur ce qu’elles procurent comme sensations corporelles. A quel endroit précis cela se manifeste dans notre
corps ?
Pourriez-vous peut être vous accorder un moment purement de plaisir avec un de vos aliments favoris et observer les ressentis physique à son ingestion ?

– Accueillir ses émotions

Faire une petite place à nos émotions difficiles est la base d un comportement bienveillant et fonctionnel.
Nos émotions font partie de nous et essayer de les fuir en faisant une action au moment où elles arrivent nous fait fuir la partie de nous qui a besoin d être écoutée.
Entrevoir nos émotions comme des conseillères, certes, souvent un peu maladroites.
Dés conseillères à notre bien-être qui tenteraient de nous faire passer un message important.

Peut-être, essayer de tendre l’oreille et d’observer le conseil précieux que votre prochaine émotion pourrait vous faire passer ?