Pourquoi les régimes à visée de perte de poids sont-ils mauvais ?

Face à une société où le dogme de la minceur prend davantage de place, bien que le mouvement soit
en train de changer, le désir de vouloir perdre du poids reste omniprésent.
D’une simple envie d’améliorer son image à une lutte sans fin, l’insatisfaction corporelle est exponentielle et
génère de la souffrance.
Devant ce mal-être et souvent dans l’urgence, nous pouvons être amenés à expérimenter des régimes en tout
genre qui vendent du rêve en promettant un corps parfait.
L’idée semble alléchante bien que tyrannique et pourtant, l’issue et les séquelles qui en découlent sont loin du rêve.

Je vous propose d’aller creuser un peu plus, sur le fonctionnement des régimes et de comprendre pourquoi
ils sont voués à échec et qu’ils ne peuvent tenir sur la durée.

1/ L’espoir

Dans une difficulté avec son image, l’idée de pouvoir agir sur le poids procure un sentiment de contrôle et de maîtrise.

Gardant notre idéal corporel en objectif, un régime prônant la possibilité de l’atteindre et d’en finir avec ce sentiment difficile que nous éprouvons chaque fois que nous nous regardons dans un miroir est juste géniale.

Nous avons l’impression d’avoir trouvé LA solution que nous cherchons depuis toujours.
Et puisque nous voulons nous débarrasser au plus vite de ce poids qui nous empêche de vivre comme on le souhaiterait, on le tente ce régime.
Après tout, nous avons rien à perdre… où beaucoup.

2/ La restriction alimentaire

La restriction alimentaire que demandent les régimes à visée de perte de poids demande avant tout de la réflexion.
Ce qu’on pourrait appeler du temps psychologique qui se transforme peu à peu en fatigue mentale.
Cela demande à être en lutte en permanence avec ce que notre corps nous demande. En lutte avec nous même.

A travers un contrôle tyrannique, nous nous emprisonnant presque inconsciemment dans un cercle qui nous vole peu à peu notre liberté d’agir. Coupé de l’instant présent, dans le seul but de perdre du poids, on occulte
les signaux vitaux. On devient automatisé à appliquer une méthode qui sort de toute culture culinaire bienveillante et parfois même de toute logique.
Nous perdons du poids en perdant peu à peu nos repères, notre plaisir et notre vie.
A différents degrés, nous pouvons être coupés du monde, refuser des sorties ou des moments précieux de notre vie.

3/ Le craquage

La physiologie du métabolisme ayant des besoins nutritionnels spécifiques minimum, notre corps nous envoie des messages à longueur de temps. Parmi les plus connus, nous pouvons, par exemple, citer la faim
ou le rassasiement, qui correspondent juste à des alertes corporelles.

Cette lutte entre le corps et l’esprit génère de la frustration, qui, n’étant pas supportable sur du long terme, mène naturellement à des craquages. On pourrait comparer ces craquages à des espèces de moyens de survie
mis en œuvre par le métabolisme pour pouvoir rééquilibrer ses besoins.

Pour mieux comprendre, si demain nous décidons de traverser une partie du désert sans eau, nous nous assoiffons.
A notre sortie de désert, une seule gorgée d’eau ne suffirait certainement pas.

C’est un peu ce qu’il se passe lorsque nous affamons notre corps d’un aliment nécessaire à son bien-être, mental ou physique. Alors forcément, lorsque nous craquons, nous ne craquons pas pour une seule bouchée et perdons la maîtrise.

4/ L’effet yoyo

Du craquage mène la reprise de poids inévitable et parfois plus que le poids initial, tout simplement car l’aspect cognitif a été impacté. Nous commençons à manger ces aliments que le régime interdit, un peu comme si c’était la dernière fois qu’on en mangeait.
Et qui dit dernière fois, dit à outrance et sans limite. On tombe dans le « foutu pour foutu » qui délègue une anarchie alimentaire chaotique.
Déconnectés de l’instant présent, notre objectivité est mise à épreuve et cela nous empêche d’entrevoir les possibilités de prendre soin de nous.
Nous nous renfermons dans de la culpabilité, qui, difficilement entendu, nous renvoie à réitérer des restrictions. Le cercle est alors fermé et l’expérience se répète.

5/ Mauvaise estime de soi

Puisque physiologiquement, nous sommes voués à tendre vers nos besoins vitaux alimentaires, nous ne parvenons pas à suivre les règles imposées par le dit-régime.
Ces règles qui prétendent mieux que nous savoir ce qui est bon pour nous, pour notre corps.
Le sentiment d’échec apparait et l’estime de soi se voit dégradée. Nous avons l’impression que l’échec est de notre faute.

Que nous n’y sommes pas arrivés et que nous n’y arriverons jamais.

Et si ce n’était pas de notre faute mais juste le régime qui serait néfaste ?
Si c’était cette solution qui n’était pas adaptée ?

6/ Poids de forme

Notre métabolisme est prédestiné à maintenir ce que nous appelons un « poids de forme ».
Un poids qui correspond à un volume physiologiquement stable. Maintenu, sans restriction, sans effort ni lutte.
A l’écoute de nos besoins et envie. Un poids que nous arrivons à stabiliser sur le temps naturellement et
sereinement.
Ce n’est pas forcément un poids dans lequel on se sent bien et ce n’est pas un poids que nous choisissons mais un
poids que notre physiologie choisit.
C’est le SEUL poids que nous pouvons réussir à stabiliser dans notre vie.
Nous pouvons, bien-sûr, descendre plus bas que notre poids de forme mais celui atteint ne sera jamais viable sur la durée.
Ce poids ne dépend pas que de l’alimentation mais de plusieurs facteurs comme le sommeil, la flore intestinale, l’activité physique, la génétique, l’âge, les hormones, le tabac, certain médicament et d’autres que je dois certainement oublier.
Certain de ces paramètres ne dépendent pas de nous ou de notre bon vouloir mais sont juste naturels et surtout spécifiques à chacun.

Lorsque nous faisons un régime, nous ne cherchons pas notre poids de forme, nous cherchons un poids précis.
Donc voué à échec sur le long terme.

La littérature scientifique annonce que 95% des personnes ayant fait un régime dans un but de perte de poids ont repris leur poids initial ou plus sur les 5 ans qui ont suivi.
Et pour les 5% restant, ils continuent la lutte ou sont tombés dans des troubles du comportement alimentaire.

7/ Perspectives

Les expériences et les erreurs ont pour but d’arriver à des conclusions et à évoluer en ne réitérant pas le même schéma.

Peut-être que nous pourrions ouvrir nos perspectives de réflexion sur cette question du poids et commencer à voir les choses différemment ?
Peut-être pourrions-nous élargir à une dimension de bien-être et de prendre soin de nous ? Incluant nos valeurs de vie les plus profondes, notre culture et nos différences. Ces différences qui font le charme et la force de chacun.

De ralentir dans nos vies respectives et de relever chaque jour un petit pas concret qui nous mènera vers cet objectif de meilleure image de soi ? Vers une relation apaisée avec notre corps.